A 18h, rencontre avec Salomé Botella, jeune romancière qui vient de publier son tout premier roman Pas si tant (Éditions de l'Ogre) et Benoit Laureau son éditeur, qui rend hommage à son milieu rural d’origine .
Pas si tant c'est un texte d'éclats de mémoire, de souvenirs d'enfance, de sensations intimes, un texte écrit comme on ferme les yeux, pour mieux se rappeler et convoquer en soi la lumière, la chaleur, l'odeur, d'un instant dans une vie, dans un lieu, à l'heure où l'on passe à l'âge adulte. Ce lieu c'est la Creuse, où est née Salomé Botella, non loin de Guéret, une ruralité pas vraiment agricole, un peu prolo, bien loin des clichés de la campagne verdoyante avec de belles vaches broutant dans de jolis prés. Salomé Botella écrit au plus près d'elle-même, sans surplomb, et toujours avec sincérité et tendresse, alors forcément, elle nous touche en plein coeur. Elle se tient volontairement à distance de tout regard de "transfuge de classe", elle qui a été admise aux Beaux-Arts de Paris. Elle nous parle d'elle en se moquant bien de l'autofiction, et surtout en nous faisant rire, d'un humour qui jamais ne se moque. Et son arme fatale, c'est son écriture, fortement reliée à l'oralité, une langue concrète, tellement vivante et percutante :
"Mon daron il a creusé des trous, il a jamais mis de piscine dedans
Il a mis des fosses septiques
Je pense que ça coûte aussi cher que la piscine
Je pense qu'on peut pas se baigner dans la fosse septique
Je pense qu'on va payer la piscine creusée avec les gains de la machine à sous de la fête foraine"
"La patate, ce pain quotidien
Adorer les frites
Aduler sa friteuse
Avoir un bac à sauces
Un congèle à viande
Un frigo juste pour la bière
Et mon père ce DJ
Aux platines,
Il tourne ces saucisses sur ce barbecue"
Venez rencontrer Salomé Botella et Benoit Laureau son éditeur, qui à juste titre pense que "la représentation de la ruralité est parfois prise dans une simplification constante : de l’archétype du vide et de l’ennui, à celui du « beauf », du rustre, en passant nécessairement par l’agriculture, avec tous les fantasmes qui s’y rapportent. La littérature elle-même peine à s’en défaire. Comme s’il manquait à la campagne des imaginaires alternatifs qui permettraient à ceux qui y vivent ou qui en viennent de se retrouver dans des récits qui sont les leurs."
Venez ! On va avoir de quoi causer !
"Mon daron il a creusé des trous, il a jamais mis de piscine dedans
Il a mis des fosses septiques
Je pense que ça coûte aussi cher que la piscine
Je pense qu'on peut pas se baigner dans la fosse septique
Je pense qu'on va payer la piscine creusée avec les gains de la machine à sous de la fête foraine"
"La patate, ce pain quotidien
Adorer les frites
Aduler sa friteuse
Avoir un bac à sauces
Un congèle à viande
Un frigo juste pour la bière
Et mon père ce DJ
Aux platines,
Il tourne ces saucisses sur ce barbecue"
Venez rencontrer Salomé Botella et Benoit Laureau son éditeur, qui à juste titre pense que "la représentation de la ruralité est parfois prise dans une simplification constante : de l’archétype du vide et de l’ennui, à celui du « beauf », du rustre, en passant nécessairement par l’agriculture, avec tous les fantasmes qui s’y rapportent. La littérature elle-même peine à s’en défaire. Comme s’il manquait à la campagne des imaginaires alternatifs qui permettraient à ceux qui y vivent ou qui en viennent de se retrouver dans des récits qui sont les leurs."
Venez ! On va avoir de quoi causer !

